Place de la simulation dans la formation initiale des urgentistes : enquête nationale observationnelle

M. Allain et ses collègues ont récemment publié un article dans la revue Annales françaises de médecine d'urgence (2018) au sujet de la place de la simulation dans la formation initiale des urgentistes en France.

 

Résumé :

Introduction : La simulation apparaît aujourd’hui comme un outil indispensable dans l’apprentissage de compétences médicales techniques et non techniques, tout en respectant le principe éthique suivant : « Jamais la première fois sur le patient ». Actuellement, l’intégration de la simulation dans les programmes de formation des internes de médecine d’urgence est disparate : son cadre demeure à définir devant l’ouverture récente du diplôme d’études spécialisée (DES) de médecine d’urgence à l’automne 2017.

Objectif de l’étude : Cette étude a évalué l’utilisation de la simulation en France dans l’enseignement actuel de la médecine d’urgence, afin d’initier une réflexion sur la place que pourrait avoir ce type d’enseignement pour le DES.

Méthode : Il s’agissait d’une étude observationnelle multicentrique. Un questionnaire a été envoyé par e-mail à l’ensemble des responsables universitaires de France impliqués dans l’enseignement de la médecine d’urgence. Les données ont été colligées dans Excel (Microsoft). Elles étaient à la fois quantitatives et qualitatives et concernaient le cadre, la structuration et le contenu de la formation par la simulation.

Résultats : Vingt-cinq facultés de médecine sur 29 ont répondu au questionnaire. Parmi elles, 23 utilisaient la simulation (soit 92 %), dont 22 la simulation haute fidélité et 21 la simulation procédurale. Arrêt cardiorespiratoire (22), état de choc (21), douleur thoracique et tachycardies (20), traumatisé crânien et traumatisé grave (17) étaient les thématiques majoritairement abordées. Les gestes techniques les plus enseignés étaient : intubation (22), intubation difficile (21), ventilation assistée-contrôlée et voie intraosseuse (18). En médiane, la formation comptait entre deux et trois jours de simulation par année de formation. Par ailleurs, dans 12 centres (soit 52 %), les formateurs avaient un temps professionnel dédié, et 15 centres (soit 65 %) bénéficiaient de personnel salarié. Enfin, seulement 12 centres (52 %) estimaient « plutôt » respecter l’adage « Jamais la première fois sur le patient ».

Discussion : L’utilisation de la simulation dans l’enseignement de la médecine d’urgence est inégale. Les responsables pédagogiques interrogés semblent tomber d’accord quant aux principales thématiques et techniques à aborder. Le développement de la simulation semble souhaité de tous, mais demeure complexe en raison notamment de l’investissement humain et matériel que cela représente. Ces réponses pourraient fournir un axe de réflexion afin d’établir un programme de simulation commun à l’ensemble des facultés.

https://doi.org/10.3166/afmu-2018-0042

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